

Crédit photo: Julien Marcoux
Il y a une chose que Guy-Philippe Côté fait mieux que la plupart des gens — mieux, en tout cas, que la plupart des gens qui admettent le faire — c'est de regarder comment les humains portent leurs masques, d'identifier la couture exacte où le masque finit et où le visage commence, et ensuite, sur scène, de montrer les deux en même temps d'une façon qui rend le public légèrement inconfortable sans qu'il sache exactement pourquoi, ce qui est, si on y pense, à peu près la seule chose que le théâtre devrait faire.
Son jeu habite la fissure. Pas la fracture spectaculaire — la fissure, le moment microscopique où le personnage qui récitait calmement les consignes de sécurité commence à sourire d'une façon qui ne ressemble plus tout à fait à un sourire, où le clinique bascule vers quelque chose qu'on ne sait pas encore nommer mais qu'on reconnaît immédiatement dans le corps, avant même que le cerveau ait eu le temps de formuler ce que c'est. C'est pourquoi on lui confie les rôles que les autres ne peuvent pas habiter — les méchants de grand-guignol, les artistes maudits, les figures qui savent précisément ce qu'elles font jusqu'au moment, toujours surprenant malgré qu'on s'y attende, où elles ne le savent plus du tout.
Auteur-interprète basé à Québec — ce qui veut dire en pratique qu'il écrit des choses (dramaturgie, critique, essai, chroniques théâtrales pour La Bible Urbaine) et qu'il joue des choses qu'on lui donne, et que la frontière entre les deux activités est beaucoup plus poreuse qu'elle ne devrait l'être selon les conventions du milieu, ce dont il se fout assez royalement. Il a tourné au Canada avec Joe, Jack & John, habité les parcours immersifs de Malefycia, construit ses propres créatures au Théâtre Astronaute avec une résidence en cours à Premier Acte. Maîtrise en théâtre, Université d'Ottawa. Formé en mime corporel avec Jean Asselin au Mime Omnibus. Ces dernières informations sont factuelles et vérifiables, contrairement au reste, qui l'est aussi mais différemment.